J 1 :
Que dire de cette première journée de voyage, et bien, qu’elle s’est déroulée sur deux jours, mais plus encore, on aura pu tester les capacités de notre fier vaisseau.
Parti dimanche de St Yrieix après quelques atermoiements, traversée de Coussac avec 3 haltes, le voyage commençait à 19h, pour s’arrêter à Auty à 13 km de Montauban.
Repos oblige, le village nous offrait sa place pour passer la nuit. La première du long périple!premier feu pour le café, puis arrêt amical à Toulouse.
Depuis Castelnaudary prendre à droite pour Limoux sa blanquette et son pays cathare.
La vallée de l’Aude vaut le détour, la D117 jusqu’à Perpignan offre de beaux paysages!
Chez Philippe, arédien exilé volontaire au Mas Cassanis à Paulo del vidre, nous coupons le moteur pour passer un pur moment de convivialité.
J2 :
Départ de chez Philippe vers 14h après avoir fait tous les niveaux.
Direction l’Espagne par le Perthus.
Gérona, Manresa région de Piedmont boisée, où la pratique de l’élevage hors sol est répandue. Le porc y tiens la première place.
La région nous laisse un meilleur goût que la dernière fois ou nous avions longé la cote orientale, qui nous semble en grande partie défigurée.
Lleida et sa région est un immense verger de production de pomme et poire.
Nous nous retrouvons vite dans un bouchon de plusieurs kilomètres de camions.
C’est impressionnant de voir le trafic aussi bien de jour comme de nuit. Il est 20h30 Bien assez pour s’arrêter !
Nuit passée à Bujaralos.
J3 :
Nous poursuivons sur Zaragoza, la descente y est douce. La région à vocation céréalière est arrosée par L’ebro
Le Trafic s’est montré habile dans les longues montées, et seule la qualité du pilote a permis de se déjouer des facéties de la boite à vitesses.
Avec 4 vitesses mal étagées, il faut anticiper les cotes pour arriver au bon régime et assurer une consommation raisonnable.
Guadalajara annonce la grande banlieue de Madrid.
Nous avons alors une pensée pour nos amis Vincent et Joël brasseur en devenir, en passant devant les imposantes brasseries Mahou
J4 :
Traversée de la capitale espagnole sous un franc soleil qui nous permet d’apprécier la qualité de l’architecture à travers les temps.
De la direction vers Aranjuez et l’autoroute A4.
Nous sommes en Castille, terre dont on imagine aisément que l’été doit y être accablant et écrasant.
Nous sommes dans une zone où l’olivier est roi.
Après Manzanares où nous faisons le plein, nous poursuivons encore jusqu’à La Carolina pour stationner sur un parking de station pour la nuit.
J5 :
Départ avant la levée du jour pour Cordoba en Andalousie où nous nous arrêtons pour quelques photos.
Carmona vaut le détour et Philippe a été bien inspiré de nous conseiller cet arrêt.
Séville puis Jerez, toujours cap au sud pour Algéciras, où nous passons la nuit à proximité de Médina Sidonia.
J6 :
Départ en matinée pour la traversée du détroit de Gibraltar pour Tanger.
Arrivée sans souci et passage de la douane marocaine sans encombre.
Direction Tétouan, puis Chefchoaouen où nous faisons la rencontre de Abdoul, et Abdila 2 cultivateurs de cette région du Rif bien connue pour sa production.
J7 :
Départ pour Ketama par une route de montagne jusqu’à Fez, mais 30 km avant nous passons la nuit à Oued Laben.
J8 :
nous continuons sur cette route de montagne jusqu’à Ifrane station de vacation hivernale qui ressemble étrangement à une station alpine.
Descente sur Khénifra à travers les forets de cèdres et les plateaux du moyen Atlas.
Sur le plateau des écoliers viennent passer une journée à goûter aux joies des sports d’hiver et monter à cheval. Nous faisons une halte dans la fraîcheur vivifiante.
En poursuivant la descente on croise des singes des montagnes qui ont bien compris l’intérêt du tourisme.
Arrêt pour le plein de gasoil à Azrou, puis Khénifra, Kasba Tadla la montagne laisse place à une région fertile où la culture céréalières, alterne entre orangers, oliviers et mêmes betteraves sucrières.
La zone est largement irriguée par la retenue d’eau du barrage de Bin el Ouidane.
Nuit à El Hadna à 80 km de Marrakech.
Un paysan de retour du travail s’arrête pour discuter, mais la scène ressemble étrangement à une parodie du mime Marceau. Même quand on ne pratique pas la langue locale, on arrive à communiquer!
J9 :
Marrakech, ville en pleine effervescence où la construction va bon train.
Cette cité haut lieu du tourisme est encore à cette période de l’année assez tranquille et ne baigne pas dans le tumulte.
Quelques clichés typiques de la place Jamaa afna, et du centre ville.
A titre indicatif à 11h du matin il faisait 26°.
Poursuite sur Imi n Tanoute.
Nuit passée à Maader el Kebir, choix au combien judicieux d’une aire de repos juste derrière une carrière où le concasseur fonctionne 24 heures sur 24.
Sommeil profond garanti.
J10 :
Départ pour Tiznit, où nous stoppons le temps de récupérer les photos prises et les déstocker.
L’opération me prend un peu plus de 4 heures, pendant lesquelles Pierre en profite pour discuter avec Momo, jeune pompiste toujours à l’affût d’un quelconque deal.
Nous prenons un couscous, et poursuivons la route sous une lumière blafarde, et un ciel nuageux.
La végétation se raréfie peu a peu, pour laisser place au désert qui s’annonce.
20 km après Guelmim, nous trouvons une aire de repos où nous passons la nuit.
J11 :
Départ pour Tan tan, Tarfaya ou nous faisons le plein de gasoil et d’eau.
Bon a savoir : à partir de Tan Tan, les carburants sont détaxés, ce qui n’est pas négligeable quand le gros du budget est passé en gasoil.
Poursuite sur Laayoune, ville de garnison comme depuis Guelmim.
La chaleur est forte, mais atténuée par un vent vif.
Nous sommes dans la région du Sahara occidental, et passerons la nuit à Boujdour où nous allons cuisiner dans notre cantine de fortune les poissons que nous avons achetés sur la route.
J12 :
Au petit matin la lumière blafarde annonce une journée chaude.
Nous longeons la cote, le vent marin atténue la chaleur qui nous accompagnera toute la journée.
Nous retrouvons la tour sur laquelle en 2007 nous étions montés. Cette fois ci point de vent violent, et nous faisons une photo du sommet d’où nous avons une vue panoramique sur cette étendue désertique.
Le long de la cote, nous croisons un couple en tandem, puis encore un peu plus loin ; à 150 km de Dakhla, Olivier cycliste de Genève parti depuis 3 mois qui pédale vers l’Afrique noire.
Nous parlons quelques minutes avec lui de son parcours et diverses rencontres.
Sur le plateau qui surplombe le littoral un village de pêcheurs avec plus en retrait une ville nouvelle inhabitée, comme on en rencontre beaucoup dans la Sahara occidentale.
Arrivé vers 10h à Guerguarat nous remplissons les formalités de passage de la frontière avec la Mauritanie.
Tout prend du temps et comme 3h plus tard nous sommes toujours au même point, nous prenons 2 tagines pour 60 dirhams.
Mieux vaut être en pleine forme avant d’attaquer le poste frontière mauritanien!
C’est la fin d’un monde sans trop de surprises et aux règles établies.
Traversée du no men’s land. Il faut trouver le bon passage pour ne pas s’ensabler.
Les guides locaux avec beaucoup de malice proposent leur service pour trouver la bonne voie moyennant bien sur le service.
Avec un peu d’observation nous trouvons la piste la plus praticable jalonnée par des cadavres de voitures.
El Argoub où comme d’habitude le douanier mauritanien attend son cadeau.
Ce sera un jeu de boule offert par Pierre qui adoucira le gaillard. Le visa est de 3 jours est de 20 € auquel il faut rajouter 10e de pass, plus une assurance que finalement nous ne prendrons pas.
Quelques formalités plus tard, nous quittons le lieu où sans un peu de connaissance et pratique des représentants locaux de l’administration, nous aurions très bien pu repartir en liquette !
J13 et 14 :
De là s’annoncerait une succession de plus de 60 contrôles de postes de gendarmerie, police, et douane qui a haché notre parcours, et ralenti considérablement notre moyenne horaire déjà très modérée.
De fait, notre itinéraire initialement prévu a été modifié pour plonger plus tôt vers la frontière malienne en passant par Guerou et Koubeni plutôt que Néma.
Ces haltes forcées aurons une nouvelle fois entachées la traversée du pays, qui offre pourtant des paysages aux couleurs d’ocre et de sable des plus chatoyantes au soleil couchant.
L’arrivée au Mali se fait par Gogui, où la encore nous réglons les formalités pour l’obtention des visas et assurances qui sera valable jusqu’en Cote d’ivoire.
J15 :
Nous avons été quelque peu éprouvé par notre traversée de la Mauritanie, et le Mali nous offre un visage beaucoup plus hospitalier.
L’arrivée au Mali se fait par Gogui, où la encore nous réglons les formalités pour l’obtention des visas et assurances qui sera valable jusqu’en Cote d’ivoire
J16 :
Nous partons pour la ville où nous allons nous affranchir des formalités d’entrée sur le
territoire, avec visa (25€ le mois) assurances Cedeao valable aussi un mois pour 50€.
Avec un peu plus de réflexion j’aurai dû avoir un meilleur tarif ! Mais on n’est pas tous les jours au top ! 5000 fcfa nous sont demandés pour titre de passage du véhicule.
Nous poursuivons vers le sud pour nous rendre à Bamako, et nous parcourons 400 km sous une température sèche au alentour des 40° pour arriver au petit village de Sabakebougou
C’est un village type d’agriculteurs, éleveurs qui nous offrent l’hospitalité pour la nuit.
Nous discutons avec Jean Diarra qui nous explique la vie la bas.
La chaleur ne s’estompe que tard dans la nuit et les villageois passent les soirées dehors à profiter de la fraîcheur du soir en se racontant leur journée et autres évènements.
Je monte ma tente pour profiter d’un peu plus de vent, mais la nuit à été perturbée par les animaux qui n’ont pas cessés de passer à proximité, les palabres et autres cris plus quelques bourrasques de vent
J17 :
Départ pour Bamako à 200 km pour la demande de visa à l’ambassade de CI.
Nous sommes agréablement surpris par la correction des hommes en uniforme qui une fois les papiers contrôlés ne cherchent pas à nous extorquer un cadeau ou un billet !
Ça change et ça fait du bien, même si pour être honnête ce n’est pas toujours le cas en Mauritanie, mais la répétition des arrêts pour contrôle est exaspérante.
Nous embarquons un policier à 60 km de Bamako pour le déposer dans la capitale.
Il nous donne quelques indications sur le lieu de l’ambassade, quartier ACI lafia bougou.
Nous y rencontrons Charles Miante responsable du protocole, qui rempli les demandes de visa. Ce dernier se présente ouvertement comme opposant au gouvernement nous annonce que le visa touristique d’un mois sera de 60.000 frc cfa , le prix ayant doublé en 6 mois.
Mais pour 50.000 frc cfa nous pouvons avoir un visa de transit cette fois, toujours pour la même durée.
Nous remplissons le formulaire et nous acquittons des droits.
En attendant le surlendemain pour récupérer, il nous faut trouver un endroit pour passer la nuit.
Un policier nous conseille d’aller à Kati prendre un verre au bar des sous officiers de la base militaire ouvert à tous, et ensuite aller à proximité d’un logement d’un ami où nous pourrions donc stationner et passer la nuit
Mais l’installation s’est avérée contrariée par un voisin qui aurait aimé être averti plus tôt de notre présence.
Pour ne pas embarrasser notre hôte, nous décidons de partir, sans trop de regret après avoir ressenti une attaque en règle de moustiques.
Retour donc vers le nord, après le poste de péage (500 frc cfa ) et de suite à droite pour un emplacement à Diago à trouver dans la nuit. Bien jouer !
Une case avec un vendeur d’essence à la bouteille nous accueille gentiment.
J18 :
La nuit fut agréable, avec en fond sonore un maquis à la sono saturée et comme d’habitude à bloque.
Faut bien dire que nous sommes particulièrement habiles pour trouver les meilleurs endroits où passer la nuit ! Alors donc ne dérogeons pas à la règle !
Au petit matin nous visitons les jardins proches, discutons avec des enfants en vacances, et l’instituteur qui nettoient une parcelle d’oignons.
Nouvelle nuit au village, mais d’un calme, celle-ci surprenante !
JI9 :
Préparation pour retourner sur Bamako retirer nos visas.
La traversée de la ville vers le sud se fait sans encombre.
La chaleur est encore tenace et l’idée de prendre une bière fraîche nous tente.
A 30 klm plus au sud nous trouvons un petit maquis en retrait.
On y parle fort, et Pierre s’assied à coté d’un ancien combattant qui lui refait en boucle, les 2 guerres et la colonisation.
Quelques tables plus loin un homme en boubou jaune invective un autre dont nous apprendront plus loin qu’il est postulant à la mairie de Sanankoraba.
La conversation s’anime et les deux belligérants sont à deux doigts de se mettre les mains dessus.
L’homme au boubou part finalement et l’autre se présentant comme étant Salif lamine COULIBALI, nous demande de l’excuser pour l’altercation, et nous explique le fondement de l’histoire.
Le griot en boubou, avait manqué de délicatesse en traitant notre brave homme de bâtard!
Le politicien n’avait pu se contenir, lui dont la droiture n’avait rien d’une légende.
Il nous expliquait donc en reprenant une bière (format africaine) qu’il était marié à 2 femmes, était bon père de famille, et qu’il envisageait de demander la main d’une jeune fille de 14 ans, et que dans sa grande générosité il l’encourageait à poursuivre ses études
Entre tous ces explications, le garçon de café lui aussi bienveillant et poussant à peine à la consommation proposait à Pierre une petite visite de l’établissement !
Celui-ci s’avérer être un boxon de grande classe, où des femmes adipeuses proposaient leurs charmes.
Notre politicien y trouvait là, un repos largement mérité après ces dures journées à siéger aux comités de développement de la commune.
Deux heures plus tard, la tombée de la nuit nous donner le prétexte de quitter cette gentille assemblée.
Arrêt pour la nuit à coté d’une rôtisserie.
Nous y prenons une part de viande grillée et nous nous reposons.
J20 :
Le sud du Mali est jalonné de petits villages aux constructions de cases traditionnelles en terre rouge. Les manguiers sont chargés de fruits.
Intrigué par le bruit, nous nous arrêtons en bord de route et sommes convié par un jeune à assister à des danses traditionnelles rythmées au son du balafon et percussions.
Sekou OUATTARA nous propose d’aller voir une chute d’eau prés du village, et passer dans sa famille à Woroni.
Nous avons fait 400 km et la frontière n’est qu’à 50 km de la, alors sa proposition nous séduit, et puis ce sera l’occasion d’une nouvelle rencontre.
Nous allons donc jusqu’à la chute d’eau, où So nous explique que jeunes comme anciens viennent parfois y procéder à des sacrifices.
Le sentier pour y accéder enjambe un trou d’eau, traverse des jardins et vergers.
Sous le soleil tombant la chaleur est encore bien présente. La fraîcheur du site nous revigore, Quelques arbres sont de belle taille, plus loin une termitière, plus après encore le Zaldara, un arbre utilisé en menuiserie a des fleurs qui ressemblent à du coton.
Retourné au village musique et danses vont se poursuivre jusqu’à tard dans la nuit.
J21 :
Au matin après quelques photos dans le village, et l’achat de 4 kg de mangues pour 100 frc cfa, nous poursuivons vers la frontière ivoirienne. |